Lymo contrainte de suspendre son application dès le 17 mai à minuit

À la suite d’une décision inattendue de la SUVA qui considère les chauffeurs inscrits sur sa plateforme comme non-indépendants, le comparateur de courses Taxi/VTC genevois Lymo prend acte de cette décision avec un certain étonnement, et n’a d’autre choix que de suspendre son service dès le dimanche 17 mai à minuit.


La SUVA vient d'informer Lymo qu'elle considère que les chauffeurs utilisant son application ont un lien de dépendance avec cette dernière. Ayant pris acte avec regret de cette décision, Lymo n’a d’autre choix que de suspendre son service dès le dimanche 17 mai à minuit.

Lymo conteste cette décision car elle considère que les chauffeurs sont totalement indépendants sur sa plateforme. Comme l’explique Alex Sabbag, co-fondateur de Lymo : "Sur Lymo, les chauffeurs fixent eux-mêmes leur tarif et leur horaire, les clients comparent et choisissent directement les chauffeurs sur la base du prix, du véhicule, de la note ou de la rapidité de ceux-ci, et finalement Lymo ne prend aucune commission et n'impose aucune obligation (ou lien de subordination) aux chauffeurs. C’est avec un certain étonnement que nous avons pris connaissance de la position de la SUVA et nous sommes curieux d'en connaitre le raisonnement dans la décision formelle qui nous a été promise pour la semaine prochaine".

Le pari de Lymo, start-up genevoise qui a lancé son application en août 2019, est de créer une place de marché légale et éthique, et de proposer une solution "gagnant-gagnant" pour les chauffeurs et les clients. Pour y arriver, Lymo réduit de 5 à 15 fois les coûts de plateforme pour les chauffeurs (qui peuvent s'élever jusqu'à 27% du prix des courses ou à 700 CHF par mois chez certains concurrents) et crée une vraie dynamique de marché entre chauffeurs et clients inexistante à ce jour. L'application connaît un grand succès avec les chauffeurs (350 inscrits) et un succès grandissant avec les clients (près de 15'000 à Genève).

Lymo a été en contact étroit avec les autorités genevoises, notamment le PCTN, l'OCIRT et le cabinet de Monsieur Poggia, afin d'adapter son fonctionnement aux lois et aux normes sociales cantonales et fédérales. Plus récemment, la start-up a procédé à de nombreuses adaptations de son application à la suite d’entretiens multiples avec la SUVA dans le but de garantir l’indépendance des chauffeurs inscrits sur la plateforme.

Alex Sabbag conclut : "Nous attendons impatiemment la décision formelle de la SUVA pour l’examiner en détail. Nous sommes convaincus que nous trouverons une solution, soit en contestant la décision de la SUVA, soit en s'y adaptant si c'est possible. Nous évaluons également la possibilité de lancer le service dans d'autres villes en dehors de la Suisse. L'idée de Lymo est très disruptive et a un grand potentiel, et nous ferons tout pour qu'elle devienne la solution légale et éthique dont les chauffeurs et les clients ont besoin".